Marc BLOCH

Né en 1886 à Lyon, Marc Bloch fut un historien renommé dont les ouvrages sur la période médiévale font encore autorité aujourd'hui.
Mobilisé en 1914, il finit la Grande Guerre comme capitaine après avoir été cité quatre fois à l'ordre de l'armée et avoir reçu la croix de guerre.
Malgré son âge et ses cinq enfants, il est mobilisé à sa demande en 1939, comme capitaine d'état-major. Il participe à la campagne sur le front belge et se retrouve parmi les troupes encerclées qui doivent évacuer en catastrophe à Dunkerque le 31 mai 1940.
Ramené en Bretagne, il assiste à Rennes à la fin de la débâcle de l'armée française.

Après l’armistice du 2 juillet, Marc Bloch gagne la zone libre. Exclu de la fonction publique par les décrets de Vichy d’octobre 1940 contre les Français d’origine juive, il est peu après « relevé de déchéance » avec une dizaine d'universitaires "pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France" et rejoint l'université de Strasbourg repliée à Clermont Ferrand.
Il rejoint la résistance à Montpellier puis à Lyon où il devient membre du Directoire régional des mouvements unis de la Résistance. Il est arrêté le 8 mars 1944 et torturé par la Gestapo. Il est ramené dans le coma à la prison de Montluc. Le 16 juin 1944 les nazis l'emmènent dans la campagne et le fusillent parmi d'autres résistants.

 

L'ETRANGE DEFAITE

Marc Bloch a rédigé de juillet à septembre 1940 son Témoignage de la débâcle.
Il confie à un ami le manuscrit qui, lors d’une perquisition, échappe à la police de Vichy.
L’ouvrage est publié en 1946 par les soins du mouvement Franc-Tireur sous le titre "L'étrange défaite".

Composé de trois parties : Présentation du témoin, la Déposition d'un vaincu, Examen de conscience d'un Français, "L'étrange défaite" est un ouvrage exceptionnel à la fois par la qualité du témoignage et du sens de l'observation de l'historien et par la pertinence de l'analyse des causes profondes de cette défaite dramatique.
Il est frappant d'imaginer qu'un homme qui venait de vivre en direct ces événements tragiques ait été capable d'une telle lucidité d'analyse, dès le lendemain de l'effondrement français.
Sa ferme conviction que la période sombre qui commençait ne serait pas éternelle, la conscience qu'il écrivait pour les générations futures ajoutent à cet ouvrage inestimable une dimension humaine poignante qui touche le lecteur encore aujourd'hui.