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Née en 1907, Germaine Tillion se passionne pour l'ethnologie et de1934 à 1940, elle part en mission scientifique dans l'Aurès en Algérie.

Elle rentre à Paris la veille de l'entrée de l'armée allemande. Le discours de Pétain demandant l'armistice l'a fait réagir violemment. Dès le lendemain elle reprend contact avec ses camarades du Musée de l'Homme et commence à organiser des filières d'évasion des prisonniers. Boris Vildé fait partie des premiers évadés et prend la tête du réseau de résistance qu'on appellera après la guerre le réseau du Musée de l'Homme.

Germaine Tillion est arrêtée en août 1942 et est enfermé pendant un an à la Santé, puis à Fresnes, avant d'être internée au camp de Ravensbrück. Elle comprend immédiatement la finalité du système concentrationnaire et est soutenue par la volonté de survivre pour témoigner de ces crimes. Jour après jour elle recueille des témoignages et des informations pour reconstituer tout le système des camps au point de tenir des véritables cours à ses codétenues, leur expliquant combien les nazis dépensent pour les nourrir, combien les détenus rapportent.

Libérée en mai 1945, elle sera désignée par ses camarades pour rassembler les témoignages et les représenter lors des procès des chefs de camps en 1947. Elle rejoint le CNRS après la guerre. En novembre 1954, lors du soulèvement en Algérie, Louis Massignon, son directeur de thèse, obtient pour elle une mission du ministère Mendes France pour vérifier qu'il n'y avait aucune exaction contre la population civile.
A la fin de sa mission, elle rencontre le gouverneur de l'Algérie, Jacques Soustelle et lui fait part de ses constats en terme de paupérisation accélérée des populations rurales. Avec son accord, elle met en route les centres sociaux pour assurer l'éducation de base de la population.

En 1957, quand la situation politique et militaire se durcit, elle revient à Alger dans le cadre d'une commission d'enquête sur la torture et permet l'amorce d'un dialogue entre le gouvernement français et les responsables du FLN d'Alger.


Germaine Tillion ne revient plus jamais en Algérie après 1957. Elle continue sa carrière d'ethnologue et se consacre en particulier au statut des femmes autour du bassin méditerranéen, convaincue que les chances de développement de la prospérité et de la démocratie passent par l'éducation des femmes.

Décédée en 2008, elle entrera au Panthéon avec  son amies Geneviève Anthonioz-De Gaulle en mai 2015.